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15/08/2022 Le Kimono à Paris : la coupe des vêtements traditionnels

En 2017, en France, le Musée Guimet organisait une exposition sur les kimonos. Pour la première fois, les oeuvres de la collection de la Maison Matsuzakaya étaient exposées en dehors du Japon. La Maison Matsuzakaya est un grand magasin japonais célèbre qui existe depuis 1611. Ainsi, le nom de l’exposition, « Kimono, au bonheur des dames », faisait référence à ces lieux de vente où les clientes dénichaient les vêtements les plus à la mode de leur époque. En effet, en France, le « Bonheur des dames » est le titre d’un roman célèbre du portraitiste de son temps Emile Zola racontant l’épopée pré-capitaliste de personnages du second empire.

 

Fondé en 1611, Matsuzakaya était une petite fabrique de kimonos aujourd’hui devenue un empire de la mode japonaise. Depuis le 17ème siècle, la mode, aussi bien que les kimonos, ont parcouru un chemin qui est lié à l’histoire des grands magasins et à la mondialisation du secteur de la mode.

 

En effet, au delà d’être devenu un vêtement traditionnel plutôt que quotidien pour une majorité de la population japonaise, le kimono a dépassé les frontières de son pays pour mieux inspirer la mode occidentale. Parfois repris dès le début du 20ème siècle par le couturier français Paul Poiret, l’un des concepteurs de l’orientalisme de mode, le kimono apparait fréquemment dans la mode contemporaine.

 

À l’époque majoritairement en soie, le kimono se décline désormais dans divers textiles. Mais la fascination qu’il exerce ne relève pas seulement de ses motifs et techniques de teinture, ou encore de tout l’imaginaire japonais qu’il évoque. Le kimono, comme de nombreux vêtements traditionnels à travers le monde, présente la forme d’un T.

 

Posé à plat, cette forme singulière est particulièrement remarquable. Une forme typique des vêtements traditionnels méditerranéens, à l’instar de la tunique, ancêtre de la robe ou encore de la djellaba.
Cette caractéristique commune à différents vêtements culturels inspire désormais des créateurs contemporains comme Anissa Maddeb. Fondatrice de la marque Anissa Aida et boursière Maison Mode Méditerranée 2018, la tunisienne s’inspire autant des costumes traditionnels de la Tunisie que des kimonos japonais. Ses créations modernes et épurées traduisent l’implication architecturale des vêtements culturels qui animent ses moodboards. Les techniques de teintures artisanales que l’on retrouve dans la confection des kimonos est aussi une constante de la marque française A.Guéry (boursière Maison Mode Méditerranée 2016) qui explore les teintes de l’indigo végétal. De nos jours, le kimono et autres vêtements traditionnels d’une pièce de tissus sont présents dans de nombreuses collections. À titre d’exemple, la marque méditerranéenne Occidente (boursière Maison Mode Méditerranée 2016) spécialisée dans le loungewear revisite le kimono en tant que vêtement d’intérieur, tandis que le boursier Maison Mode Méditerranée 2017 Amine Bendriouch insère des djellabas et autres vêtements traditionnels de son Maroc natal dans ses créations modernes et épurées. Pour finir, même le célèbre Directeur Artistique pour Dior Hommes Kim Jones en parsème fréquemment ses collections.

 

En Méditerranée, les vêtements conçus d’une pièce et formant un T sont indissociables des cultures qui bordent le continent liquide. L’artiste Geneviève Sevin-Doering fut une pionnière de la création textile une pièce. La Maison Mode Méditerranée a consacré une exposition à l’artiste pluridisciplinaire au sein du musée de la mode en 1999 lors de laquelle il était possible de découvrir ses plans de coupe en une pièce. Sa technique de patronage singulière a été rapprise (et reprise!) par son élève marseillaise Fred Sathal, qui, à 30 ans, réalisa les costumes du spectacle Notre Dame de Paris.