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Mode & Sport 2 : une implication Méditerranéenne – Noliju

Mode & Sport : une implication Méditerranéenne

 

Pour cette saison estivale, le Fonds de Dotation Maison Mode Méditerranée interviewe et met à l’honneur les méditerranéennes créatrices de mode spécialistes des vêtements seconde peau.

 

Dans ce second volet de notre thématique « Mode et sport en Méditerranée », nous revenons sur la notion de sport et d’expression du corps par le vêtement en Méditerranée. Pour compléter cette réflexion que la Maison Mode Méditerranée explore depuis plus de vint ans, notamment via des expositions dédiées, nous avons interviewé la créatrice et lauréate de l’OpenMyMed Prize 2018 : Norah Luttway, fondatrice de la marque Noliju.

 

Le corps est un objet esthétique dominant au sein des cultures méditerranéennes du fait de son rapport à la Nature. En 1998, le Musée de la Mode de Marseille a consacré une exposition retraçant les liens entre Mode et Sport des années 1930 jusqu’à l’aube du nouveau millénaire. Un thème récurrent de l’histoire de la mode, particulièrement depuis le début du 20ème siècle, et que la Maison Mode Méditerranée étudie fréquemment à travers ses manifestations culturelles et son soutien à des marques spécialistes.

 

En effet, la mode, dès qu’elle s’est intéressée aux pratiques sportives grandissantes dans la société contemporaine, a permis aux femmes de s’émanciper de quelques dictats vestimentaires. Les jupes se sont raccourcies, les pantalons ont été tolérés,… Puis, aussi, avec toute l’ironie dont sait faire preuve la création vestimentaire, le port de talons hauts est devenu un sport à part entière. A l’instar de cette chaussure de Cyd Jouny, insérée à l’exposition par le conservateur de musée Olivier Saillard, aujourd’hui directeur artistique de la marque Weston et Directeur Général de la Fondation Alaïa.

 

Ainsi la pratique sportive, facilitée par les congés payés apparus en France en 1936, a dynamisé la mode et contribué à l’émancipation du vestiaire féminin. Le rapport corps- vêtements fut entièrement repensé pour les clientes. Jusqu’aux sous-vêtements, de moins en moins contraignants. Longtemps rattachés aux gaines et corsets, les sous-vêtements sont devenus, d’abord, des atouts de séduction intimes, puis, comme le rapporte Jina Luciani grâce aux échanges avec sa clientèle, ils sont devenus des vêtements empouvoirants, que l’on achète pour soi-même.

 

En Méditerranée, les lieux de vie dépassent les bordures des maisons pour s’associer à une nature omniprésente. Le confort des vêtements ressort jusque dans les costumes traditionnels mais inspire aussi la mode contemporaine et son esthétique sportswear. Cette saison, durant la Fashion Week Automne-Hiver 2023, l’esthétique sportswear était omniprésente. Des grands noms de la mode contemporaine, tels Marine Serre et Kenzo, en avait fait la thématique centrale de leurs défilés et collections.

 

Désormais, le sportswear est intégré aux vestiaires du quotidien au delà des seules zones méditerranéennes. Et c’est ce confort esthétique que Norah Luttway, fondatrice de la marque Nolijuh, retient pour sa marque d’activewear. Norah Luttway a été lauréate de l’OpenMyMed Prize en 2018. En exclusivité pour le Fonds de Dotation MMM, elle revient sur son rapport à la création méditerranéenne et sur sa volonté de développer une mode éthique et sportive.

 

Anciennement Directrice Marketing dans la mode, Norah Luttway s’installe à Nice en 2007 et découvre la course à pied en même temps que les sentiers naturels du Sud de la France. Résolue à allier vêtement technique et style contemporain, Norah Luttway décide de lancer sa propre marque activewear : Noliju.

 

– Quel est le processus de création de vêtements activewear recyclés ? Quelles sont les difficultés que l’on rencontre en produisant des textiles éco-responsables ?

Le premier processus est d’aller chercher les matériaux techniques adéquats. Mon sourcing étant 100% européen, c’est ce travail préliminaire de recherche des matières éthiques qui a été le plus long. Cela m’a permis de disposer majoritairement de textiles français et italiens très qualitatifs. Je travaille ce sourcing depuis des années afin que les tissus soient assez techniques et qualitatifs pour durer dans le temps. C’est cela ma vision de la durabilité. Mes matières sont à la fois pratiques pour des usages sportifs, avec de la résistance et de l’élasticité, tout en offrant un toucher agréable. Un confort typique du Sud de la France, avec cet ensoleillement naturel qu’on aime bien véhiculer à travers des vêtements agréables et éthiques.

 

– Les vêtements activewear sont comme des secondes peaux. Avez-vous conscience de cela lorsque vous pensez les collections ?

Effectivement. Mes clientes ont tous les âges ! Je pense donc ce rapport aux corps aussi pour des femmes plus mures qui ont une nouvelle énergie et ont plus de temps pour elles, pour s’intéresser au sport. Elles sont souvent plus à l’aise avec elles-mêmes. Mais, parallèlement,

ce sont des clientes qui requièrent certaines spécificités en terme de longueur des pantalons ou manches des tee-shirts. J’ai ainsi inventé le « Pantalon ultime », un peu moins moulant que mes autres produits. C’est un produit en tissus technique, entre le jogging et le pantalon, qui permet de convenir à tout le monde du fait qu’il soit légèrement plus large.

Il y a donc des clientes qui assument l’effet moulant, et d’autres qui préfèrent les vêtements entre-deux, légèrement plus habillés. C’est ainsi que j’ai créé des modèles avec bandes smocking. Et je travaille également les débardeurs à deux types de volumes, afin que le haut soit adapté au sport pratiqué et aux volontés de s’assumer. Mon objectif est que l’on se sente belle avec les vêtements Noliju.

 

– Vous avez lancé votre marque suite à votre passion pour le running. Vous vous sentiez déguisée avec les offres disponibles sur le marché ?

Je recherche toujours à développer des imprimés sobres et élégants qui peuvent se mixer avec les vêtements du quotidien. Lorsque j’ai créé la marque, l’idée était de développer des vêtements activewear qui sortent des teintes fluo que l’on trouve encore souvent aujourd’hui. J’ai pensé la marque en amont, pour les femmes. Je suis une femme sportive, je sais donc bien ce que j’aime lorsque je pratique mon running. Par exemple, disposer d’une petit poche où mettre mes clés de voiture, ce qui m’évite d’avoir un sac. J’alterne entre recherche de matières éthiques, tendance sportswear, et la praticité des tenues. J’aime bien travailler des imprimés kaki, ou encore jean, qui pourront se mixer avec les vêtements du quotidien.

 

– En 2018, vous remportez l’OpenMyMed Prize. En quoi ce Prix a-t-il inscrit la marque dans son ancrage Méditerranéen ?

C’était important pour moi de remporter ce prix car je souhaite mettre en avant le côté ensoleillé typique des marques méditerranéennes. J’aime à dire que l’on habille les femmes d’un vêtement ensoleillé. La dimension inspiratrice du Sud de la France est très importante pour moi. Cette région nous différencie tout autant qu’elle nous fait rêver ! La majorité de mes shootings sont réalisés en bords de mer, ou sur la promenade des anglais de Nice, ou encore dans l’arrière pays monégasque. Dans le Sud, nous avons un terrain de jeu exceptionnel pour le sport et particulièrement pour les sports en plein air. Je suis convaincue que l’envie de faire du sport peut passer par les beaux paysages au sein desquels on les pratique. Dès ma première collection, j’ai travaillé à montrer les couleurs spécifiques de la Méditerranée avec un bleu profond. Pour la saison 2022, j’ai créé un imprimé baptisé « Riviera Dream » qui est inspiré d’un coucher de soleil sur une plage de galets à côté de chez moi. Même nos motifs print sont inspirés de nos ambiances naturelles ! Moi qui suis une adepte du running, je sais que, dans le Sud, on peut pratiquer facilement des activités sportives dans des paysages formidables. D’ailleurs, la course à pied permet de visiter de très beaux sentiers qui se prêtent très bien à la méditation ! Ce rapprochement avec la nature est une partie importante de ma direction artistique. Dans le Sud, on ressent cette fusion.

 

– Pour finir, la mode est-elle un sport ?

C’est un sport formidable ! La mode est un éternel recommencement, une sorte de course de fond. Par exemple, nous travaillons actuellement sur trois saisons en même temps.

Il s’agit aussi de prendre de l’avance, caractéristique très sportive, afin de préparer les collections en amont pour les présenter aux acheteurs. La mode implique de prendre des risques, de se préparer aux tensions du secteur. C’est résolument un sport d’endurance !

 

NOLIJU est actuellement distribué dans les points de vente suivants ainsi qu’en pré- commande tous les mois sur le eshop.
Cap 3000
Oxygène
noliju.com