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Exposition « Souffles : 10 designers, 10 ans, 10 vases » au Château Borély

Le Fonds de Dotation Maison Mode Méditerranée, à l’origine du Musée de la Mode de Marseille s’est entretenu avec Laurence Donnay, assistante de conservation et spécialiste mode au Château Borély. Dans ce lieu emblématique de la ville, où est situé le Musée des Arts Décoratifs de la Faïence et de la Mode de Marseille, se tient actuellement l’exposition « Souffles : 10 designers, 10 ans, 10 vases. ». Cette exposition est répartie entre Marseille, qui a accueilli nombre d’expositions inédites de mode depuis la création du musée, et Hyères, ville de la Villa Noailles et du Festival de Mode.

Offrir au public une lecture contemporaine institutionnelle des créateurs et designers demeure la motivation première depuis la création du Musée de la Mode.

 

Fonds de Dotation Maison Mode Méditerranée: Laurence Donnay, vous êtes Assistante de Conservation, experte Mode, au Château Borély, musée des Arts Décoratifs, de la Faïence et de la Mode de la Ville de Marseille. Quel est votre parcours ?

Laurence Donnay : J’ai grandi en Belgique, suivi des études d’Histoire de l’Art, travaillé pour des galeristes et un festival de peinture et de sculpture à Aix-en-Provence, avant d’intégrer le Service des Publics des Musées de Marseille, en tant que guide-conférencière, dans le cadre du projet de Maryline Bellieud-Vigouroux et Catherine Örmen : l’ouverture d’un Musée de la Mode à Marseille. Ainsi, depuis 1993, aux côtés des différents conservateurs qui se sont succédé, Catherine, bien sûr, mais aussi Olivier Saillard ou Sylvie Richoux, j’accompagne avec bonheur les très riches collections Mode et participe à leur présentation et leur mise en valeur, aujourd’hui au sein du Château Borély. Depuis 2017, j’assiste Marie-Josée Linou, directrice du pôle arts décoratifs des musées de Marseille, sur toute la section Mode. Je sélectionne notamment les pièces qui seront exposées, rédige les textes et les cartels, tout en poursuivant mes missions de médiation envers les publics.

 

FDDMMM: En ce moment, le musée reçoit l’exposition « Souffles : 10 designers · 10 ans · 10 vases », réalisée en partenariat avec deux centres d’art le Cirva (Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques), à Marseille, et la villa Noailles, à Hyères. Une exposition à la fois mode et design, pourquoi ce choix ?

LD: Pour célébrer les 10 ans de collaboration entre le Cirva et la villa Noailles, nous avons décidé d’exposer le travail des lauréats du Grand Prix du festival Design Parade autour d’un objet, un vase, et d’une matière, le verre, et, en parallèle, les modèles des stylistes lauréats du Concours Mode de ces 10 dernières années. Une belle et joyeuse rencontre entre les fastes du XVIIIe siècle marseillais du Château Borélyet une nouvelle génération de créatifs émergents ! Espace de liberté et de réflexion, le festival d’Hyères permet à ces talents internationaux de bénéficier d’un accompagnement au cours duquel ils vont pouvoir expérimenter différentes techniques et savoir-faire – au sein des ateliers du Cirva, pour les lauréats de la Design Parade et au côté des ateliers des Métiers d’Art de Chanel pour la Mode. Fruit du dialogue entre design et artisanat, ces expérimentations permettent aux lauréats de confronter leur créativité aux limites de la technologie actuelle et aux artisans de les repousser.

 

FDDMMM: Pour la partie design de l’exposition, la scénographie a été réalisée par le Marseillais François Champsaur. Quel a été le parti pris du designer et architecte d’intérieur ?

LD : L’exposition est organisée en deux temps : dans une première salle conçue comme un laboratoire de recherche, vous découvrez les essais des designers menés au Cirva en collaboration avec les artisans verriers. Puis, dans la seconde, vous pouvez contempler les versions finales disposées sur ce support circulaire, référence à la notion de famille réunie, de fête, de célébration.

Engagé sur les questions environnementales, notamment autour de la notion de durabilité, François Champsaur favorise les matériaux nobles et simples, comme ici le bois. Rejoignant les préoccupations des jeunes designers lauréats, il a ainsi conçu ces structures, plutôt minimalistes, qui s’intègrent parfaitement aux décors du Château Borély et mettent en valeur les 10 vases exposés. François Champsaur n’a pas cherché à occulter les fenêtres ;les deux salles sont baignées de cette belle lumière du sud qui se reflète et traverse les vases, jouant avec les couleurs et la matière. 

 

FDDMMM: Concernant les designers de mode, quelle analyse faites-vous de leurs créations et de leur travail ?

LD: Comme pour les designers, le développement durable est au cœur de leur processus créatif. Ainsi, Róisín Pierce, une créatrice irlandaise, prix des Métiers d’art de Chanel 2019, qui présente un ensemble en broderie anglaise (voir photo) dit : « la durabilité est le nouveau luxe ». Adepte du « no waste » (zéro déchet), elle ne jette rien et conçoit ses modèles avec de petits morceaux de tissu qu’elle récupère.

De son côté, après avoir participé à plusieurs Fashion Weeks, Léa Peckre (voir photo), a finalement opté pour un modèle de distribution responsable. Chaque mois, elle met en vente sur son site une pièce unique, réalisée avec des tissus de fin de stocks, et à la fin de l’année, elle a constitué une mini collection de 12 pièces, que l’on peut acheter en toute conscience et que l’on va garder. Un remède à la « fast fashion » !

Enfin, Emma Bruschi, qui est marseillaise, prix des Métiers d’art de Chanel 2020, a travaillé une collection à partir de paille de seigle. Ce matériau demande peu de pesticide, peu d’eau et a un moindre impact sur l’environnement. Passionnée d’artisanat, elle travaille avec une éleveuse de montons qui lui fournit la laine et un artisan vannier. À terme, elle souhaiterait produire elle-même la paille qu’elle utilise ensuite dans ses créations.

Dans tous les cas, chaque année, le concours Mode du festival d’Hyères révèle des propositions originales et innovantes. Entre expérimentation, artisanat, durabilité, décloisonnement masculin/féminin, les lauréats nous offrent leur vision de la mode de demain.