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Valentine Gauthier : interview d’une fille dans l’air du temps

La créatrice de mode parisienne Valentine Gauthier imagine depuis presque quinze ans un vestiaire féminin à l’allure un brin garçonne, avec des touches ethniques et streetwear. Cette « fille du sud » qui a conquis le cœur des  fashionistas parisiennes n’en n’oublie pas pour autant sa ville natale, Marseille. Dans l’entretien qu’elle a accordé au fonds de dotation MMM, elle se livre sur ses souvenirs d’enfance en Provence, son approche réfléchie et responsable de ses collections, et sa vision de la mode éthique. Des valeurs qui résonnent particulièrement avec celles du fonds de dotation MMM, et que nous sommes heureux de partager avec nos lecteurs. 

 

Bonjour Valentine, pouvez-vous vous présenter ?

 

Je suis une fille du sud. J’ai baigné dans la lumière de ma Provence natale et sa sensualité jusqu’à mes 21 ans. J’ai gardé de mon enfance l’amour des couleurs vives, des parfums sauvages et enivrants de la garrigue et de la mer, j’ai aussi conservé un gout très fort pour la liberté et la nature.  Ma personnalité et mon travail reposent sur ces contrastes : l’éclat et l’ombre, le brut et le doux, la pureté et le complexe.  Je suis une sérieuse qui aime la dérision et le sens de l’humour. Je suis une femme qui prend son temps et qui aime aller vite et à l’essentiel. Je viens d’une famille ou tout le monde peint et porte un œil attentif à l’art sous toutes ses formes.

 

Vous êtes originaire de Marseille, racontez-nous un souvenir d’enfance lié à cette ville…

Je suis née à Marseille et j’y étais scolarisée. Enfant j’habitais dans la garrigue et faisais les trajets matin et soir. C’était une double vie, entre la turbulence de la ville et un monde simple et proche de la nature.

Mon grand père ainsi qu’une partie de ma famille habite la cité radieuse du Corbusier. Mon grand père y avait acheté son appartement sur plan et j y ai passé beaucoup de temps à déambuler dans les couloirs, observer les matières, les couleurs, sentir cette odeur particulière qu’a cette construction. Avoir mal au cœur dans les ascenseurs et prendre les rafales de vents sur le toit en regardant le soleil se coucher sur la mer. C’est un lieu magique qui est une de mes madeleines de Proust. Il m’accompagne régulièrement dans la création de mes collections. Nous y avions même photographié l’Hiver 13 en symbolique à mon attachement à cette ville et à ce lieu particulier.

 

Est-ce que Marseille et le Sud plus généralement, influencent vos créations ? Y a-t-il des couleurs, des tissus, des ambiances qui vous inspirent et que vous aimez retranscrire dans vos collections ?

La liberté, la chaleur, les peintres et la sensualité que j’ai ramené de mon enfance dans le sud se sont mêlés aux scènes intimistes des peintres flamands épris de lumières froides  que ma mère m’a fait très tôt découvrir en m’emmenant dans les musées. La notion de contraste et de complémentarité est essentielle dans mon travail. De Marseille j’y puise l’ultra féminité que j’aime rendre plus subtile et légèrement masculine par le biais d’inspirations extraites des pays nordique comme du vestiaire utilitaire ou workwear.

 

Vous êtes une créatrice sensible à l’environnement, or la mode est la seconde industrie la plus polluante au monde. Comment peut-on faire bouger les choses, lorsqu’on travaille dans ce secteur ?  

Adolescente, déjà, l’environnement me concernait. Je faisais partie de la Surf Rider Fondation à Marseille, je me destinais à devenir ingénieur en écologie avant de m’orienter vers la création tout en respectant mes fondamentaux.

Trouver des artisans capables de travailler dans ce sens-là, n’a pas été facile,  mais nous avons tenu bon ! Nous ne sommes pas parfaits, mais nous faisons de notre mieux, et nous tendons à nous améliorer.

Nous ne travaillons qu’avec des ateliers et des partenaires qui partagent nos valeurs et cela depuis le début de ma marque. Je n’ai jamais dérogé à cette règle. Chaque pièce présente le détail de la matière ainsi que le tisserand comme le façonnier. Le fond du sujet est la transparence. Un onglet engagement a été conçu sur notre site afin de donner le plus d’informations possible sur notre démarche ainsi que nos partenaires.

Je pratique des marges très raisonnables afin que cet engagement ait le moins de répercussion sur le prix de vente de mes vêtements. Nous rencontrons tous les ateliers avec lesquels nous travaillons et tissons avec eux des liens de confiance. Nous produisons peu, afin de ne pas gâcher de stocks et la qualité de nos vêtements leur permet de traverser les saisons. Nous faisons également attention aux chutes de tissus et à la manière dont on peut les transformer afin d’éviter les déchets et ce sur toute la chaine.

Il y a aussi un fil conducteur dans mes collections, un style, une allure. Cela rend ce vestiaire intemporel tout en gardant une identité forte.

 

Les valeurs phares du fonds de dotation Maison Mode Méditerranée sont le Care et le Craft, visant à encourager l’artisanat et une éthique sociale auprès des créateurs de mode que nous soutenons. Etes-vous sensible à ces valeurs ? Comment s’incarnent-elles dans votre marque ?

Je partage tellement ces valeurs que j’ai un projet pour 2022 avec Fleur de Ghetto une association qui intervient dans les écoles et auprès d’artistes et les fait créer des œuvres d’art à partir d’objets, récoltés dans des déchetteries. Nous avons le projet de transformer quelques objets dont un fauteuil récupéré, qui sera totalement réhabilité. Une mini collection, de pièces en petites quantités, conçue avec différents artisans de la région sera aussi disponible. D’autre part, dans l’espace attenant à ma boutique du Haut Marais parisien, je présente le travail d’artistes ou d’artisans amis. Un céramiste y est en ce moment en résidence.

 

Retrouvez la collection SS21 et les projets de Valentine Gauthier sur son site internet :

https://www.valentinegauthier.com/