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Découvrez l’interview de notre doctorante Saveria Mendella

 

Le Fonds de Dotation soutient la recherche en études sur la mode. Découvrez l’interview de notre doctorante Saveria Mendella en contrat CIFRE pour trois ans qui détaille son projet de thèse : « Le langage de la mode ». 

 

Quel est ton parcours universitaire ?

Après une licence en Sciences du Langage, j’ai intégré le Master Sciences du Langage, spécialité Analyse des Discours Médiatiques, Institutionnels, et Politiques (Université Paul Valéry Montpellier 3) sous la direction de Arnaud Richard (Maître de Conférences HDR spécialiste de l’anthropologie linguistique et des discours médiatiques). J’ai  réalisé un mémoire de recherche assez hybride avec un travail de terrain ethnologique sur « Les femmes célèbres et l’industrie de la mode dans la presse francophone ».

 

 

Justement, quel est ton parcours de terrain ?

Dès ma troisième année de licence, j’ai fait le choix d’effectuer mes études à distance afin de commencer un travail de terrain, à Paris. J’ai donc commencé par une première expérience de neuf mois au sein du service Presse Mode Femme de la Maison Hermès. Ensuite, j’ai intégré le service Presse France de la Maison Chanel, puis une agence de presse, avant de terminer par une quatrième année de terrain chez Hermès, au siège du service communication.

J’ai toujours eu en tête de faire de la recherche. Au fil de mes expériences de terrain, extrêmement formatrices, mon envie de poursuivre un parcours universitaire s’est orienté sur  un projet de thèse croisant mes centres d’intérêts : anthropologie, études de mode (plus connues sous le nom de Fashion Studies) et philosophie du langage.

Depuis avril 2019 je travaille avec ma directrice de Thèse Marion Carel (Directrice d’Etudes à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (laboratoire CRAL)).

En parallèle, j’ai proposé à la Maison Mode Méditerranée de postuler pour une forme de contrat doctoral : le CIFRE.

Je suis marseillaise et ma première rencontre mode s’est faite en allant régulièrement voir les expositions au Musée de la mode dont la création fut un acte fondateur pour cette institution initiée par Maryline Bellieud Vigouroux et présidée par Azzedine Alaïa. Nous pouvions accéder à une culture mode jusqu’alors visible uniquement à Paris. J’ai également été sensibilisée aussi par sa vision stratégique inédite et à la fois naturelle à partir de Marseille, de la présentation de cette mode dite « méditerranéenne ». Au fil des recherches et rencontres, je m’aperçois qu’elle peut aussi se constituer en mode image pour elle-même et non seulement comme référence pour les marques plus visibles. J’avais envie d’aller étudier comment cette mode contemporaine, source d’inspirations multiples, était en train d’écrire sa propre narration immatérielle.

 

 

Comment se concrétise la collaboration entre le public et le privé ?

Le dispositif CIFRE (Conventions Industrielles de Formations par la Recherche) a été mis en place par l’Etat et le Ministère de l’Education Supérieure et de la Recherche en 1981. Il accompagne des entreprises dans le financement de la recherche via le soutien à des doctorants pour une durée de trois ans. La formation universitaire à toujours été un objectif majeur pour les administrateurs de la Maison Mode Méditerranée qui créa dès 2010 en collaboration avec Aix Marseille Université(AMU) une licence et un Master en Management des Métiers de la Mode et du Textile. Mon projet de thèse fut  étudié puis retenu et contractualisé en juillet 2020 pour une durée de trois ans.

Tout en dédiant plusieurs jours par semaine à mes recherches, le contrat CIFRE me permet d’effectuer une activité hebdomadaire au sein du Fonds de Dotation Maison Mode Méditerranée Cette répartition du temps  prolonge et actualise l’expérience de terrain au sein du secteur de la mode tout en garantissant l’évolution de la recherche.

 

 

Quel est le contenu de ta recherche ?

Du fait de la spécialité de ma directrice de thèse, ma recherche est à mi-chemin entre la philosophie du langage et la linguistique.

Les théories grâce auxquelles je travaille sont fréquemment qualifiées « d’anthropo-linguistique », c’est une science sociale qui étudie le rôle du langage en société. Son fonctionnement et comment la totalité de la communauté linguistique s’en sert pour agir dans le monde. D’un côté, le langage est un objet d’étude philosophiquement infini, de l’autre, il est linguistiquement structuré, puisqu’il permet aux sociétés de développer des idées mais aussi de savoir quand il s’agit d’attribuer un rôle à la langue ou aux acteurs.

Ainsi, ma thèse, provisoirement nommée « Le langage de la mode », porte sur l’étude de la mode immatérielle (c’est à dire la mode dite « image ») à travers les discours.

Il s’agit d’étudier la construction et la préservation de la mode via le langage et l’impact d’une certaine utilisation du langage, par le secteur, sur le secteur lui-même. Tandis que je pensais n’étudier que des textes (particulièrement ceux de la presse spécialisée) relatifs à la mode méditerranéenne, je m’aperçois au fil de la recherche que ce sont tous les textes de mode qui proposent des fonctionnements langagiers et narratifs similaires! Elargissant de nombreuses notions.

En me basant sur la Théorie Argumentative de la Polyphonie (théorisée par Oswald Ducrot et développée par Marion Carel), j’étudie actuellement les rôles énonciatifs dans les discours de la presse  de mode ainsi que la dimension historique des discours par dialogisation de la mode passée et contemporaine.

Ce doctorat met en avant la construction d’un imaginaire de mode collectif et ses liens avec une mode matérielle méditerranéenne.